ASPARTAME

1. QU'EST-CE QUE L'ASPARTAME ET QUEL EST SON USAGE ?
 

L’aspartame est un dipeptide utilisé comme édulcorant artificiel depuis 1965. Il correspond à la liaison de deux acides aminés naturels, l'acide aspartique et la phénylalanine. La phénylalanine est estérifiée par un méthyle, donnant à l'aspartame l'autre nom de L-Aspartyl-L-phénylalanate de méthyle.

L'aspartame a un pouvoir sucrant environ 200 fois supérieur (à masse égale) à celui du sucre habituellement consommé (le saccharose). Il est très utilisé pour sucrer les aliments (ou les boissons comme des sodas) sans apporter de calorie. Il se trouve donc dans de nombreux produits allégés en calories.

 

2. QUELLES SONT LES CONTROVERSES ASSOCIÉES ?
 

Une controverse scientifique depuis des années tant sur les supposés « avantages nutritionnels » que sur les effets potentiellement néfastes sur la santé

  • Les édulcorants artificiels contenus dans les boissons lights (aspartame, extraits de stévia, sucralose), consommées quotidiennement, augmenteraient le risque de diabète de type 2 (Institut Karolinska, 2016).Les mécanismes associés sont encore mal connus mais plusieurs études proposent des éléments d'explication, notamment concernant les niveaux de réponses glycémique, insulinique et la stimulation de certaines zones du cerveau lors de la consommation d'édulcorants : l'ingestion d'une dose d'aspartame génèrerait une réponse similaire à l'ingestion de saccharose en termes de concentration en glucose et de réponse insulinique dans le sang. En revanche, la stévia serait à l'origine d'un pic d'insuline significativement plus faible que l'aspartame (Anton et al., 2010).
  • Les édulcorants de synthèse (sucralose, aspartame et saccharine) modifieraient la flore intestinale chez la souris et perturberaient le microbiote intestinal (Institut Weizmann, 2014)
  • Controverse relancée par deux études (Soffritti et al., 2011 ; Halldorsson et al., 2011) qui attribuent à l’aspartame une augmentation de la fréquence des cancers et un risque d’accouchement prématuré (lacunes méthodologiques selon les agences sanitaires, notamment l’ANSES)
  • Aspartame suspecté responsable d’insomnie, de troubles du comportement, d’irritations, de dérèglements hormonaux et de dommages neurologiques (HHS, 1994)
  • Substance déconseillée chez des personnes souffrant de phénylcétonurie génétiquement déficientes en phényl-alanine-hydroxylase donc qui ne peuvent pas métaboliser la phényl-alanine (un des composants de l’aspartame) entraînant des dommages neurologiques sévères
  • Innocuité des édulcorants de synthèse selon les agences sanitaires dont l’ANSES, mais elle souligne l'absence de bénéfice nutritionnel propre démontré de cette consommation chez la femme enceinte et rappelle la recommandation générale qui est de limiter la consommation des produits sucrés (mai 2012)
  • Selon l'EFSA l'aspartame "ne présente aucun risque pour la santé avec les niveaux aujourd'hui autorisés en Europe" pour la population générale (y compris les nourrissons, les enfants et les femmes enceintes) (avis contesté de EFSA, 2013)

Une réglementation de plus en plus contraignante

  • Usage réglementé et doses autorisées par type de produits pour l’aspartame (directive européenne 2009/163/UE concernant les édulcorants)
  • Additifs alimentaires exclus de REACH
  • Etiquetage pour alerter les femmes enceintes des produits contenant de l’aspartame en discussion (Parlement européen, 2011)
  • Type de réglementation similaire (doses autorisées) aux Etats-Unis et dans la majorité des pays
  • Le CIC (California’s Carcinogenic Identification Committee) ré-examine les propriétés de l’aspartame qui pourrait être concerné par la Proposition 65 (étiquetage de prévention sur les produits indiquant « known by the state of California to cause cancer »)
  • Projet de loi relatif à l’adoption d'une taxe de 30€/kilo dans le cadre du budget de la sécurité sociale en 2013 en France, abandonné depuis.

Une alerte sociétale poussée par des acteurs très engagés

  • Campagnes très dynamiques de RES et Générations Futures qui demandent l’interdiction au nom du principe de précaution
  • Buzz média fort en début d’année 2011 incitant une perception de risque élevée chez les consommateurs français pour l’aspartame
  • Blogosphère anti-aspartame très développée
  • Controverse également liée au fait que c’est Monsanto qui a participé à l’essor de la molécule.
  • Aspartame sujet phare du documentaire de Marie-Monique Robin Notre poison quotidien
  • Soupçons des conflits d’intérêt dans le processus d’autorisation de l’aspartame : Corinne Lepage, en tant que député européenne, a fait en 2011 une demande d’information auprès de la commission européenne pour que soit communiqués les rapports ayant amenés à l’autorisation de mise sur le marché, après qu’il ait été découvert que l’EFSA n’avait pas les données
  • L'avis de l'EFSA (2013) est contesté par RES et d'autres associations, qui mettent en cause le choix des études bibliographiques choisies par l'agence.

 

3. POSITIONNEMENT DE U

Compte tenu des attentes des consommateurs, des controverses sanitaires sur le sujet, U a supprimé l’aspartame de l’ensemble des produits U depuis 2013.

 

4. SUBSTITUTION DE L'ASPARTAME

L’aspartame a été substitué par d’autres édulcorants : sucralose, stevia, acésulfame etc.